Le chef de l'État a reconnu des «erreurs» sur la forme mais reste déterminé à accélérer le rythme de son action.Un an après son élection, le chef de l'Etat a été interrogé par Patrick Poivre d'Arvor, David Pujadas, Véronique Auger, Yves Calvi et Vincent Hervouët.
Une intervention télévisée durant laquelle Nicolas Sarkozy a abordé les thèmes du pouvoir d'achat, de l'immigration, de la diplomatie ou encore des réformes sociales.
«Qu'il y ait des difficultés, des déceptions, je m'y étais préparé», a lancé Nicolas Sarkozy dès le commencement de l'émission. Dépassant les 90 minutes prévues, il a fait, en cent minutes d'entretien, la plus longue intervention télévisée depuis son entrée à l'Élysée, il y a un an. Cent minutes pour un président plus sobre, plus «présidentiel».
Nicolas Sarkozy a demandé à être jugé à la fin de son quinquennat, en 2012, tout en mettant l'accent sur les difficultés économiques qui se sont accumulées depuis un an : doublement du prix du baril de pétrole, envolée d'autres matières premières, crise des crédits immobiliers aux États-Unis (les subprimes) et un euro "à des niveaux invraisemblables".
"Ce quadruple choc ne fait que nécessiter des réformes, des changements et des adaptations", a insisté le chef de l'État, qui a maintenu l'objectif d'un retour à l'équilibre des finances publiques françaises en 2012.
Réaffirmant son soutien à Xavier Darcos, « très bon ministre de l'Education», Nicolas Sarkozy est resté sur la même ligne que son ministre: «On maintient les réformes qui permettront les suppressions de poste», a-t-il assuré.
En ce qui concerne le sujet tant attendu du pouvoir d’achat, celui-ci passera par la redistribution des bénéfices engendrés par les entreprises, estime Nicolas Sarkozy. «Je rendrais aux Français du pouvoir d'achat, soit par la baisse des prix, je pense qu'il faut changer la loi Galland, soit grâce à la richesse des entreprises, a-t-il affirmé. Le Premier ministre déposera un texte dans les 15 jours sur l'intéressement : une entreprise qui distribuera ses bénéfices aux salariés paiera moins d'impôts.» Une avancée qui profitera aux salariés des grands groupes.
Nicolas Sarkozy a par ailleurs assuré que le revenu de solidarité active (RSA), en phase d'expérimentation, serait généralisé malgré ces contraintes budgétaires afin de donner plus de pouvoir d’achat à ceux qui en ont le plus besoin.
Sur le plan international, Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il avait été choqué par ce qui s’était passé au tibet. Mais Nicolas Sarkozy n’appelle pas à l'indépendance de la province.
Mais plus que l'énumération d'un bilan, c'est finalement l'image d'un président qui a compris le message que les Français lui envoient depuis plusieurs mois que Nicolas Sarkozy a voulu incarner. Interrogé sur sa vie privée, qui a beaucoup contribué à ses déboires dans l'opinion, il a répondu : «On a beaucoup parlé de ma vie privée, j'ai décidé de ne pas en parler ce soir, je suis venu vous parler de la France."